A PERFORMANCE IS A LONG QUIET RIVER PREMIÈRE DECEMBRE 2021 - TANZHAUS NRW DÜSSELDORF (DE)
Nominée pour le Prix de la danse de Cologne 2022, la pièce A Performance is a Long Quiet River de Céline Bellut est le premier volet de la trilogie Unproductive Body. Elle aborde le thème de l’ennui, remet en question les perspectives sociétales sur l’activité et la passivité, et critique les visions normatives et capacitistes de ce qui définit un corps actif ou passif. La pièce explore les conditions structurelles qui déterminent ce qui est considéré comme une action valable. Le philosophe Jean-Paul Sartre affirmait que les individus se définissent par leurs actions — « agir, c’est changer la forme du monde » —, mais Céline Bellut remet en question la validité de cette distinction, en révélant la position privilégiée à partir de laquelle elle est formulée.
Notre société, son architecture et ses infrastructures n’offrent pas à tous les corps les mêmes possibilités d’agir librement, de se déplacer de manière autonome ou de co-créer nos vies. Ici, le non-humain désigne le monde construit par les humains — architecture, infrastructures, espace —, le tout conçu pour certains corps et non pour d’autres. Tous les corps ne se déplacent pas dans le monde avec la même liberté, et l’environnement qui nous entoure rend cette inégalité visible. Se réapproprier l’ennui et accepter la passivité comme une manière active d’interagir avec son environnement devient en soi une forme de résistance : parfois, ne rien faire — simplement exister dans un espace qui n’a pas été conçu pour soi — est la chose la plus controversée, la plus radicale qu’un corps puisse faire.
Avec une équipe composée de deux danseurs, deux artistes plasticiens et un compositeur, Bellut examine ces inégalités en mêlant arts plastiques et performance scénique. Le langage de la danse et du mouvement explore le potentiel performatif de l’ennui et de la stagnation, amplifiant les manifestations physiques de la passivité à travers la chorégraphie, des actions absurdes et des pensées partagées.
La pièce aborde également notre peur existentielle de la passivité, ainsi que la lutte intérieure pour rester actif même lorsque cela n’est pas nécessaire. À travers cette exploration, Bellut mène une réflexion sur la décroissance économique et la valeur du « faire moins », suggérant que parfois, ne rien faire peut être la meilleure façon d’entamer quelque chose de significatif.
Chorégraphie : Céline Bellut
Interprétation : Nejma Larichi et Jana Zöll
Composition musicale et dramaturgie : Jakob Lorenz
Scénographie : Céline Bellut, Philipp Dreber et Saskia Holte
Réalisation de la scénographie : Philipp Dreber
Costumes : Saskia Holte
Conception lumière : Markus Becker
Assistance chorégraphique : Jordan Gigout
Direction de production : Caroline Skibinski
Documentation photographique : Hans Diernberger
Une coproduction du Tanzhaus NRW Düsseldorf.
La production bénéficie du soutien du Fonds Darstellende Künste, financé par le délégué du gouvernement fédéral à la culture et aux médias dans le cadre de NEUSTART KULTUR, du ministère de la Culture et des Sciences du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de l’Office des arts du spectacle du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Service culturel de la ville de Cologne. Ce projet a été réalisé avec le soutien de FREIRAUM, espace collaboratif de conception et de travail dédié aux arts, et dans le cadre du programme de résidence Tanzatelier 0.10 au Quartier am Hafen.
Le monologue qui introduit la pièce s’inspire d’une conférence donnée par André Comte-Sponville aux Hôpitaux universitaires de Genève en 2016.